Mai 2016Vie sauvage locale

Au ras des flots bleus

0

bandeau_VIE SAUVAGE LOCALE

par Hugues Deglaire, biologiste

 

 

05-Vie sauvage-Au ras des flots-PHOTO1Tôt le matin, je marche sur la plage, le ciel est rosé. Il est presque cinq heures du matin et je cherche une place qui s’avance sur le fleuve pour assister à un spectacle. La mer est d’huile et j’entends le clapotis de l’eau sur les roches noires, pas un autre son. Le soleil pointe le bout de son nez derrière le village, et je distingue des points cordées en ligne au ras des flots: la migration des oiseaux marins peut commencer!

Ils arrivent principalement de l’est et longent le fleuve vers l’ouest, mais parfois, ils vont en direction inverse. Leur vol est rectiligne et très rapide: au-dessus de 50 km/h, mais certains atteignent des vitesses de presque 100 km/h! Et le défilé commence, parfois comme des points au large, mais parfois très proche. Et c’est ceux-là que je peux vous partager en images. Mais quels oiseaux peut-on observer exactement?

05-Vie sauvage-Au ras des flots-PHOTO2Ce sont les canards de mer, ces canards strictement plongeurs qui se nourrissent de crustacés et de mollusques en nageant sous l’eau avec leurs ailes, comme les eiders à duvet, les macreuses noires et les macreuses à front blanc, les garrots à œil d’or et garrots d’Islande, mais aussi la magnifique petite harelde kakawi. Ce sont les pingouins: notamment le guillemot à miroir et le petit pingouin, ces oiseaux que nos grands médias confondent souvent avec les manchots quand ils en parlent. Ces derniers ne vivent que dans l’hémisphère sud de la Terre et ne volent pas, mais les manchots se disent «penguins» en anglais, d’où l’erreur fréquente! Ce sont les bernaches cravants, ces petites oies noir anthracite aux reflets bruns. Ce sont aussi les cormorans, les plongeons huards et catmarins, les grèbes et quelques autres. Tout ce petit monde se déplace au travers des goélands et des fous de Bassan nouvellement arrivés dans l’estuaire pour nicher sur l’Île Bonaventure.

05-Vie sauvage-Au ras des flots-PHOTO3Cette migration va s’étendre sur environ deux heures après le lever du soleil. Ensuite, ils vont se poser dans les baies naturelles pour s’alimenter aux grés des marées. Puis ils reprendront leur route en remontant le courant du fleuve à tire d’ailes. Puis ils couperont au travers des terres de la Côte Nord pour rejoindre la Baie James et la Baie d’Hudson, et ils atteindront la toundra qui les a vus naître: c’est là où les femelles élèveront leurs poussins avant de reprendre leur migration à l’automne. Et dire qu’on se plaint qu’on n’arrête jamais nous, les humains!

Chronique du 150e – avril 2016

Précédent

Du quinoa dans nos assiettes

Suivant

Lire plus dans Mai 2016

You may also like

Juillet 2016

Du haut des airs

par Hugues Deglaire, biologiste Nous sommes cinq et nous écoutons les consignes du pilote. Il est 8 heures du matin. Puis, ceinturés sur le ...
Juin 2016

Rusé renard!

par Hugues Deglaire, biologiste En suivant la limite forestière avec les champs, j’aperçois de l’activité dans l’ombre des arbres traversée des premiers rayons solaires: ...
CLDRB

Que se passe-t-il au CLDRB?

par Karine Aubertin   Un sous-comité du CLDRB a vu le jour cette année afin de démarrer un projet de jardin communautaire. La ...

Commentaires

Laisser un message

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.