Par Danielle Ross
L’été
Je vais souvent à Saint-Nil
Pour aller au cimetière
Car beaucoup de gens de Saint-Ulric y sont allés ouvrir des terres
Et y sont décédés
Marcher dans ce lieu entretenu malgré la distance
Lire le nom de tant d’enfants ondoyés
Petites filles
Petits garçons
Beaucoup d’anonymes aussi
Les noms de
Jeunes femmes
Jeunes hommes
Pas de vieilles personnes
Ou si peu
Un village perdu dans les montagnes
Disparu
Les maisons bâties à bout de bras
Et les champs cultivés à bout de vie
Disparus
L’école et l’église
Pas de rire d’enfants et de chants religieux
La forêt a repris ses droits
Seul le cimetière résiste
Pour témoigner
Du labeur
De l’éloignement
De l’acharnement
De la misère
De la tristesse aussi
De tous ces gens de la côte
Venus conquérir un nouveau monde
Dans le temps de la grande crise
Lire le nom de Garde Picard
Qui a ondoyé tant de bébés
La saluer
Et repartir le cœur gros
Prendre le chemin « qui garde le souvenir vivant »
Et me dire qu’il y a eu aussi du Bonheur
De la Joie
De l’Amour
Tellement d’Amour
Et des rires
Surtout des rires
Et redescendre vers le Fleuve.














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