Par Rénata Unçao
Mythes et fausses croyances (1 de 2)
- Rassurer son chien quand il a peur ne fait qu’empirer les choses.
Mythe :
Je ne peux pas rassurer mon chien qui a peur sous peine de lui envoyer le message qu’il a raison d’avoir peur, et donc, de renforcer cette dernière.
Réalité :
On ne peut pas renforcer une émotion, la mettre sur « cue ». La peur ne peut pas être récompensée ni punie pour qu’elle disparaisse. Vous ne pouvez pas demander à votre chien d’avoir peur sur demande ni lui demander d’arrêter d’avoir peur !
En caressant votre chien et en lui parlant doucement alors qu’il est inquiet, vous contribuez plutôt à diminuer son inconfort et à l’apaiser en lui envoyant le message que vous êtes là pour l’aider dans la situation difficile. Vous lui montrez qu’il peut vous faire confiance et non pas que vous représentez un élément de stress supplémentaire qui le repousse, l’ignore ou le force à affronter ce qui l’effraie.
Cependant, il faut que votre approche rassure votre animal réellement ; certains chiens en panique ne seront pas apaisés d’être caressés. Vous devez voir ce qui aide votre chien, selon le moment, sa personnalité, ses besoins.
Dites-vous qu’une voix douce, une approche apaisante, pousseront votre animal à se référer à vous dans d’éventuelles situations anxiogènes, ce qui aide beaucoup dans le traitement de la réactivité par exemple, où l’on obtiendra plus facilement son attention et où l’on pourra mieux gérer et appliquer le protocole et les exercices de réhabilitation.
- Mon chien sait quand il fait quelque chose de mal, parce qu’il agit différemment comme s’il venait s’excuser.
Faux :
En fait, ce qui se passe réellement, ce n’est pas que votre chien comprend que telle ou telle action est « mal » ou interdite. Le chien n’a pas la notion de bien et de mal et il ne connaît pas le concept de gentillesse/méchanceté. Par contre, c’est un fin observateur et il est très sensible au conflit. Sans même que vous n’ayez à le gronder en haussant la voix ou avant même que vous ne voyiez un dégât à votre arrivée à la maison (si encore il y en a un), il se met déjà à baisser la tête, la détourner, éviter le regard, etc.
Les chiens remarquent très bien lorsque quelque chose de nous est différent ou ne va pas. Notre respiration, nos mimiques, la tension dans notre corps et nos gestuelles sont des détails qui ne passent pas inaperçus. Les réactions interprétées à tort comme de la culpabilité ou des excuses par les propriétaires sont en réalité des signaux d’apaisement que les chiens envoient au moment où est démontrée de la désapprobation. Il s’agit de moyens de communication qu’ils utilisent dans le but de s’apaiser eux-mêmes, d’apaiser l’autre individu qui paraît tendu/fâché (vous dans ce contexte) ainsi que de témoigner leur inconfort et leur désir de mettre fin à l’interaction.
Nos canidés font tout pour éviter un potentiel conflit et c’est pourquoi vous avez cette impression qu’il « sait » qu’il a mal fait ou même qu’il vient « s’excuser ».
En réalité, il n’est que stressé et ne comprend pas ce qui se passe avec vous !
Mais…
« Mais quand j’arrive à la maison, mon chien m’accueille avec la tête basse en évitant le regard ; je comprends donc, sans même avoir aperçu les dégâts, qu’il en a faits et qu’il sait que c’est mal. »
Le chien peut venir vous accueillir avec un langage que vous interprétez comme de la culpabilité pour avoir commis une bêtise. Le chien réagit plutôt à vos réactions, des émotions, associées à des expériences passées. Le chien a déjà été puni à votre retour à la maison. Ainsi, sans comprendre pourquoi vous n’étiez pas contents (à cause du papier de toilette déchiré, des chaises renversées ou des selles sur le tapis du salon par exemple), il a détecté votre tension et votre colère. Il a tenté, avec ce qu’on appelle des signaux d’apaisement, de mettre fin au conflit. Il vient vous accueillir avec ce même langage corporel que la fois où il a fait les dégâts en votre absence, mais, cette fois, il n’a pourtant rien fait. Il a malheureusement simplement associé votre retour à la maison à un potentiel conflit ou des punitions. C’est pourquoi il peut prendre l’habitude de vous accueillir avec différents signes d’évitement, même s’il n’a rien fait !
Le chien associe davantage un objet ou une situation à l’émotion de son humain, et non pas à l’action qui s’y rattache. Ainsi, la poubelle vidée = humain fâché et non « si je vide la poubelle, mon humain sera fâché puisqu’il devra tout nettoyer, donc je vais cesser de le faire ».
Deux autres mythes à venir dans l’article du mois prochain !
Rénata Unçao, intervenante en comportement canin et en éducation canine
Les p’tites pattes du fun !
Membre du RQIEC et certifiée FCC
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