Par Danielle Ross
J’espère que les tout petits enfants ne me liront pas, car le père Noël n’existe pas… voilà je l’ai dit.
Je dois avoir 3 ou 4 ans. C’est le soir de Noël. Maman nous a préparé encore un super beau Noël… Mes sœurs, mon beau-frère et sa mère sont arrivés le jour d’avant. Tout est joyeux. Il y a des étincelles dans la chaumière. Ça rit, ça parle, les grandes personnes boivent un gin-tonic. Tantôt, nous les plus jeunes, nous nous coucherons pour aller à la Messe de Minuit, car en ces temps-là, la Messe de Minuit était à minuit. On nous réveillera. Donc tout le monde jase. Nous les enfants « taponnons » les cadeaux. Nous sommes fébriles.
Ça cogne à la porte. Toc Toc Toc. Ma mère va ouvrir. Entre un bonhomme tout habillé de rouge, avec un Ho Ho Ho. Il fait peur avec sa grosse barbe blanche.
Voilà que ce moment qui devait être un moment heureux, par ma faute, devient un moment pénible, car je me mets à hurler, à pleurer, je ne veux pas que cet être affreux m’approche… et je ne me calme pas. Maman essaie de me dire que c’est le père Noël. Moi je ne vois que cet être tout de rouge vêtu, qui n’arrête pas de pousser cet affreux Ho Ho Ho.
Je pleure le visage caché dans le creux de l’épaule de maman. Je hoquète de désespoir. Trop occupée à mon chagrin déferlant, je ne remarque pas que le père Noël s’en est allé… Probablement bien piteux. Un petit temps plus tard, la maman de mon beau-frère descend l’escalier. C’est vrai que dans ma tristesse, je n’avais pas vu qu’elle était absente. Elle a les joues rouges et elle est un peu essoufflée. Moi, je me suis calmée.
Je voudrais ici m’excuser à mes sœurs Diane et Nicole et mon frère Léonard d’avoir brisé ce beau moment qui devait être heureux. Cela étant, je me suis réconciliée avec Le père Noël à cause de Jean Brisson qui faisait des petites capsules, habillé en Père Noël. Il n’y avait pas de danger. Il était dans notre télévision Sylvana en noir et blanc. Alors désolée de vous avoir dévoilé que le père Noël n’existe pas. Que c’était une vieille dame déguisée !
Ma mère Annette, quand elle était hospitalisée aux soins de longues durées, que nous étions le 25 décembre et que le père Noël apparaissait dans la porte de sa chambre, elle criait… « Va-t’en ! Va-t’en » Je la comprenais tellement. Telle mère, telle fille…
Même dans l’oubli de ses souvenirs, ma mère se souvenait.
Ça sera encore Noël le 25 décembre. Joyeux Noël à vous toutes et tous. Soyez heureuses et heureux Ho Ho Ho…

(Dessin de ma petite fille Joséphine Bourgeois qui… n’aime pas non plus le père Noël.)















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