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D’où vient ce nom ?

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Par Andrée Gendron

Cette nouvelle chronique est consacrée à expliquer l’origine des noms des lieux géographiques et des rues de Saint-Ulric. Pour la débuter, ce sont ceux qui contiennent un mot d’origine amérindienne qui apparaissent sur une carte régionale de la province de Québec1, de 1898 qui sont retenus : le canton de Matane et la rivière Tartigou.

Canton de Matane :
Le canton de Matane a été proclamé officiellement le 15 décembre 1834. Ce territoire avait fait l’objet d’une requête de Louis Gauvreau et de ses associés en 1920 visant à obtenir le territoire le nommant Township of Matanne, du nom de la seigneurie voisine. Voici la définition de Matane et de la rivière Tartigou faite par la Commission de toponymie du Québec.

1898 — Canton Matane St-Ulric

Comme pour bon nombre de toponymes amérindiens, le nom Matane suscite certaines interprétations divergentes. Ce qui fait l’unanimité, c’est que la rivière a d’abord reçu ce nom de Champlain en 1603, sous la forme Mantanne. Selon la version la plus communément admise, il faudrait considérer qu’il s’agit du micmac mtctan, « vivier de castor », d’autant que selon des sources anciennes le castor, là aussi, y abondait autrefois. D’autres personnes croient, suivant le témoignage d’un Amérindien, qu’il faut y voir le sens, en malécite, de « moelle épinière à travers les vertèbres de l’épine dorsale », interprétation qui s’appuie sur le fait que la rivière Matane descend des terres, entre des collines et des montagnes, sans rapides, sur une distance appréciable.

D’autres rapprochent ce mot de mattawa, matawin, signifiant « rencontre des eaux ». Le père Guinard, pour sa part, y voit l’abréviation de matandipives, c’est-à-dire « épaves », « débris de navire », sens justifié par les particularités du courant en face de Matane.

Rivière Tartigou :
Prenant sa source dans le lac à Bon-Dieu, petite nappe d’eau sise dans la partie sud du canton de Cabot, à environ 17 km au sud-ouest de la municipalité de Sayabec et du lac Matapédia, la rivière Tartigou coule ensuite sur 10 km vers le nord-est puis, à Saint-Noël, tourne vers l’ouest et, 5 km plus loin, reprend l’orientation nord-est, arrose une partie du canton de MacNider et termine son périple, d’une longueur totale de plus de 45 km, dans le Saint-Laurent, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la ville de Matane.

On s’entend généralement sur l’origine micmaque de Tartigou — que l’on a transcrit tlagatigotj. Les opinions diffèrent cependant au sujet de sa signification. Le diminutif de tartigou, tartig, signifie rivière de la petite colonie ou petite rivière de la colonie. Mais on retrouve également dans ce mot la racine de tartem, éclatement, peut-être une allusion au fait que la rivière coule un certain temps entre des rochers taillés comme au ciseau.

Enfin, le terme peut venir de tarteg, mot indiquant l’action du pêcheur qui attrape le saumon dans une fosse — il en existe plusieurs dans la rivière Tartigou — au moyen d’une lance ou d’un dard. Quoi qu’il en soit, ce toponyme — incluant des variantes graphiques — paraît sur divers documents cartographiques, topographiques ou autres au moins depuis le XIXe siècle.
La prochaine édition cette chronique traitera des autres toponymes inscrits par le cartographe pour notre territoire à la fin du XIXe siècle soit : Saint-Ulric, les rivières Blanche et Petite Blanche ainsi que de la pointe au Naufrage, des lacs, Blancs, des Îles et des Cabourons.

 

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