CollaborateursOctobre

Chroniques d’immigrés

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par Catherine Maquet

Chapitre 5 : Premiers jours

Le soir même, après avoir pris une bonne douche, nous sommes partis à la recherche de notre souper, tels des chasseurs sauvages en quête de nourriture, l’estomac tirant et criant famine. Nous n’avons pas dû chasser beaucoup, car à quelques centaines de mètres de l’hôtel, nous avons trouvé un restaurant rapide. Joie, à manger! Nous étions fatigués mais trop excités pour aller nous coucher. Alors, nous avons pris la route et avons fait quelques kilomètres autour de notre point de chute.

Après une bonne nuit reposante et méritée, nous avons pris un léger petit déjeuner à l’hôtel très tôt le matin. Une tasse de café, un bol de céréales, quelques fruits. Nous avons chargé l’auto et avons repris la route avec un premier arrêt organisé à Lévis.

Une amie, rencontrée il y a plus de 10 ans par le biais d’un forum parlant de la famille sur internet, nous a donné rendez-vous chez Cora (Cora en Belgique est une chaîne d’hypermarché tel Costco, imaginez notre étonnement) pour notre vrai premier petit déjeuner québécois en tant que nouvel arrivant.

Après l’émotion de la première rencontre en chair et en os et le «contage» de notre voyage, nous avons regardé la carte pour choisir notre menu du jour. Encore une fois, de l’étonnement. Mélissa, mon amie, a choisi des œufs, du bacon, des petites patates. Pour le petit déjeuner? Choc culturel. Je n’ai pas pu me résigner à essayer cela. J’ai pris des crêpes avec des fruits, mon mari et les enfants, des gaufres. En Europe, le petit déjeuner est sucré : croissants, chocolatines (que nous appelons, chez nous, pain au chocolat), rôties avec de la confiture …

Encore aujourd’hui, mon estomac ne supporte pas de manger des œufs/bacon/patates au lever. Mais rassurez-vous, mon estomac maîtrise la digestion d’autres mets québécois. On ne peut pas changer 31 ans d’habitudes en quelques mois.

Une fois bien repus, la peau du ventre bien tendue, nous avons dit au revoir à Mélissa pour reprendre la route, cap sur Saint-Ulric. Petite parenthèse concernant mon amie, son compagnon et elle viennent à Matane, quelques fois par année, pour des tournois de quilles. Le monde est vraiment petit.

Sur la 20, dans notre char, nous écoutions les radios locales et entendions nos premières chansons québécoises. Outre le fait que nous connaissions déjà Irvin Blais, nous avons découvert les Cowboys Fringants. Joyeux Calvaire nous a fait rire et danser dans l’auto. Nous étions bien. Le cœur rempli d’émotions et des étoiles plein les yeux. Nous avions réalisé notre rêve. Nous y étions. Là, au Québec. Wouaw! J’en ai encore le sourire aux lèvres. J’ai encore du mal, parfois, à réaliser tout le chemin parcouru pour être ici aujourd’hui.
Assis dans l’auto, nous avalions les kilomètres en regardant par la fenêtre. Tout était si beau, si nouveau. Nous emmagasinions le maximum d’images et de souvenirs à raconter à notre famille et nos amis.

C’est vers 22h ce mardi 5 mai 2015 que nous avons débarqué nos valises dans notre appartement à Saint-Ulric. «Voilà Fabrice, on y est!» lui ai-je dit. J’ai alors vu dans ses yeux la fatigue du voyage mais aussi la fierté d’avoir réussi à vivre cette expérience et à commencer cette nouvelle vie qui nous attendait.

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