Info-OrganismesSeptembre 2018

Chronique du 150e

1

par Jocelyne Rioux

 

Qu’il est doux de se retourner vers le passé et de songer avec nostalgie à nos rentrées scolaires! Je ne remercierai jamais assez Charlemagne d’avoir eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école. Joie et excitation pour certains, dépit et appréhension pour d’autres, septembre impose son retour en classe.

Bons ou mauvais, chacun a gardé des souvenirs intenses de son premier jour, de sa première année scolaire. Vêtu d’un «jumpeur» bleu marine ou de culottes courtes retenues par de lourdes bretelles, galoches aux pieds, souvent trop petites, sac d’école brun en cuir, porté en bandoulière et transmis par la grande sœur, il est temps de prendre le chemin pour se rendre à l’école; à pied ou en attendant bien sagement l’autobus conduit par M. Zozo ou M. Alexis.

Bien qu’il fût un temps où la mixité était interdite, les enfants des rangs, filles et garçons, sont heureux de rejoindre leurs amis du village. La petite clochette habilement agitée par Sr Doria Durling retentissait dans la cour d’école bondée d’écoliers indiquant ainsi qu’il faille prendre nos places dans le rang; les plus courts devant, les plus grands, derrière. Sonia Talbot, même grandeur, sera désormais ma meilleure amie.

Qu’il s’agisse de l’imposant couvent du Saint-Rosaire, de l’école Saint-Médard, des petites écoles 3, 6, etc., de l’école Mgr Belzile, leurs murs ont dissimulé de nombreux secrets, ont vu naître de grandes amitiés, ont été responsables des plus belles et improbables histoires d’amour. Ces mêmes endroits où nous avons appris à tracer d’une main hésitante (la droite obligatoirement) les lettres de notre prénom, soit avec la plume ou le crayon au plomb, et où nous avons récité par cœur un poème, en enjambant cette tribune, qui à travers nos yeux d’enfants, paraissait si haute à franchir, et ce, sous le regard autoritaire et bienveillant de M. l’Inspecteur.

L’odeur de craie parfumait la classe remplie d’une trentaine de pupitres qui arborait le grand tableau noir qu’on souhaitait tous effacer à la fin de la journée. Et que dire de l’insupportable et horrifiant crissement des ongles sur celui-ci!

Aidés par le boulier compteur ou par la redoutable règle de bois, les cours d’arithmétique du matin font place à la fameuse dictée quotidienne de l’après-midi. «René joue au ballon.» Première phrase apprise. Était-ce en l’honneur du directeur? Je ne l’ai jamais su. «Où est Dieu?» Ceux qui ont marché le petit catéchisme connaissent assurément la réponse… une image comme récompense.

Et voilà! Le moment tant attendu par la gente écolière: la récré. Pas besoin de tablettes ni de iPad, juste un ballon. Et pour celles qui le désirent, à tour de rôle, marcher dans la cour en tenant la main de la maîtresse. Quel privilège!

N’est-il pas à propos de se rappeler les cours de bienséance, le vouvoiement et le bulletin si simple à comprendre avec des chiffres indiquant clairement la note?

Qui, de ma génération n’a pas connu Narcisse Gendron, notre dévoué concierge au rire contagieux? Alma Martel, Sœur Cécilius? Faire revivre une personne, un lieu, une histoire est l’intention qui se cache derrière cette chronique. Je ne voudrais pas mentionner de noms, toutefois il m’est impossible de passer sous silence le nom de certaines institutrices, enseignantes, professeures qui nous ont appris à compter, à lire, à écrire, à socialiser, celles qui ont façonné le devenir de centaines d’enfants de Saint-Ulric. Je sais que je ferai l’objet de critiques, mais me serait-il permis de n’en nommer que quelques-unes: Gisèle Caron, Lise Desrosiers, Jeannine, Monique et Louiselle Blier, Denise Fournier, Monique Lagacé, Mme Sirois, Irène Beaulieu, Colette Migneault, Jenny McNeil, Carmen Lamarre, Anne-Marie Michaud, Armande Fournier… Qui d’entre nous n’a pas d’éloges à l’égard de cette jardinière au cœur immensément grand et qui a suivi plus d’une génération d’enfants: Carmen Lévesque?

En cursive, en script ou en caractères d’imprimerie, peu importe, c’est à l’encre d’or que je vous écris MERCI.

Remise d’un chèque de Pascal Bérubé au Comité du 150e. Photo courtoisie.

 

Couvent du Saint-Rosaire. Classe de Sœur Marie Édèse. 1955-1956. Auteur inconnu. Collection Michelle Lavoie.

 

Couvent du Saint-Rosaire. Classe de Sœur Marie Édèse. 1955-1956. Auteur inconnu. Collection Michelle Lavoie.

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1 Commentaire

  1. Bravo pour ta chronique Jocelyne! Cela m’a fait sourire et rappelé bien des souvenirs.

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