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Le Comité culturel de Saint-Ulric

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Par Jocelyne Rioux, présidente

Un conte pour Noël

Le Comité culturel vous présente ses meilleurs vœux à l’occasion de Noël et du Nouvel An. Que l’esprit de Noël rayonne sur la formidable communauté Ulricoise ! Puisse la magie de Noël opérer pour que ces moments de réjouissances soient riches de joie et d’amour. Que ce Noël soit parsemé de doux souvenirs qui apporteront résilience, chaleur et réconfort, malgré les difficultés vécues cette année ! Puisse-t-il apporter l’espoir et la force d’abriter le bonheur, la bienveillance et l’harmonie. Le Comité culturel est heureux de vous offrir, en cette période festive, un conte d’Andrée Gendron, sur le mal aimé, indigeste, irrésistible et ultratraditionnel gâteau aux fruits. Bonne lecture !

Le gâteau aux fruits

Par Andrée Gendron

Au début du siècle dernier, une jeune fille de 13 ans nommée Philomène vivait à Saint-Ulric, avec son père, sa grande sœur Arthémise et six frères et sœurs plus jeunes. Sa mère était décédée deux ans auparavant. Philomène avait alors dû arrêter d’aller à l’école pour aider sa sœur à s’occuper de la maisonnée et elle faisait aussi des ménages pour gagner un peu d’argent dont la famille avait grand besoin.

Le deuxième mardi du mois de novembre, Philomène était montée au 4e rang pour faire le ménage chez Ti-Noir Ross, un vieux garçon qui vivait seul avec sa vieille mère malade. Celle-ci était appelée L’Anglaise, car elle était née en Angleterre. Elle avait connu le père de Ti-Noir, Albert, lorsqu’il travaillait au moulin à scie de Métis. À 70 ans, elle était veuve depuis cinq ans. On disait qu’elle n’avait plus le goût de vivre depuis la mort de son mari et elle restait alitée la plupart du temps.

Philomène était en train de laver le plancher de la chambre de L’Anglaise lorsque celle-ci lui a demandé de venir près d’elle. Philomène avait vite fait ce que la vieille femme voulait. Elle s’était mise à lui parler.

  • Ma fille, est-ce que ta mère faisait du gâteau aux fruits pour Noël ?
  • Non, un gâteau aux fruits, j’connais pas ça.
  • Quand j’avais ton âge, en Angleterre, ma mère faisait un gâteau aux fruits à peu près ces temps-ci de l’année. J’en ai plus mangé depuis que je reste à Rivière-Blanche. J’aimerais ça en manger encore une fois avant d’mourir.
  • J’pourrais p’t-être en faire un si j’savais comment ?
  • Oh ! J’ai la recette sur ma table de chevet. Tu peux la prendre si tu veux, mais tu ne pourras pas en faire cette année. Peut-être que quand tu seras plus vieille, il y aura des magasins qui vont vendre ce que ça prend.

En rentrant chez elle, Philomène avait regardé la recette. C’était écrit en anglais. Elle se dit que le dimanche suivant, elle irait chez sa tante Rosilda, qui parlait bien l’anglais.

Le dimanche venu, après la messe, Philomène était allée retrouver sa tante. Elle lui avait montré la recette. La tante Rosilda s’était exclamée :

  • Ben, j’connais ça ta r’cette, c’est du gâteau aux fruits.
  • Tu saurais en faire un gâteau d’même ?
  • Ben sûr. Mais, tu sais icitte, on n’a pas la moitié de c’qui faut. D’abord, dis-moé donc comment ça s’fait qu’t’as ça c’te recette-là ?
  • L’Anglaise me l’a donnée, elle aurait aimé en manger avant de mourir. T’é sûre ma tante Rosilda, qu’y a pas moyen d’en faire un pour elle, on pourrait peut-être essayer avec c’qu’on peut trouver icitte ?
  • On trouvera pas ça au magasin mais toé, tu vas dans plusieurs maisons. Y faudrait qu’tu trouves des prunes, des pommes, des cerises, des écorces d’orange pis des noix. L’reste, j’pense que j’l’ai.
  • Oui oui, j’pourrais m’organiser pour avoir des prunes, le maire y en fait sécher pas mal pour en avoir tout l’hiver. Pour les pommes, l’forgeron en a encore, c’est certain. Pour les raisins secs, j’vois rien que l’curé pour en avoir.

 

La tante avait ajouté :

  • Oui, pis pour les écorces d’orange, tu pourrais en avoir par le marchand général. Y reste les c’rises. J’pense qu’on pourrait mettre des atocas à ‘place. Pis pour les noix, on pourrait prendre des noisettes, ça f’rait pareil.

Le dimanche suivant, Philomène apporta à sa tante ce qu’elle avait trouvé. La vieille dame regarda de nouveau la recette et dit :

  • Bon, avec ce que tu m’apportes, j’ai tout. R’tourne à maison, tu r’viendras dans un mois, ça va être prêt.

Le dernier mardi avant Noël, Philomène était passée très tôt chez sa tante qui l’attendait. Celle-ci avait emballé le gâteau dans un beau linge blanc sur lequel elle avait brodé une jolie fleur et Joyeux Noël en rouge.

Philomène avait attendu que sa journée de travail soit terminée pour aller porter son cadeau à L’Anglaise. Elle le lui a tendu. Le vieille dame l’a pris et en le déballant s’est exclamée.

  • Mais, c’est un gâteau aux fruits. Un beau à part ça et il sent si bon. Merci, ma bonne fille.

Philomène était repartie très heureuse. Le mardi suivant, l’Anglaise était dans la cuisine à son arrivée. Elle semblait en bien meilleure santé. La vieille femme dit :

  • Philomène, le gâteau était si bon, qu’il m’a rendu la santé. Toi et ta tante, vous avez fait un miracle !

Le miracle n’était pas le gâteau lui-même mais de l’avoir fait avec des produits trouvés dans la paroisse. Dans ce temps-là, on savait se débrouiller et pas besoin de publicité pour promouvoir l’achat local.

Joyeux Noël et bonne année 2024 à toutes et tous.

 

 

 

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